1er jour, a l'aeroport...
Plus tard que prevu, j'ouvre un nouveau chapitre. La mission asiatique a commence sur les chapeaux de roues, quand je parlais d'eventuelles embuches, je ne m'attendais pas a ce que ca commence de si bonne heure. Au moins, je peux noircir les lignes.
Mon vol pour Kuala Lumpur comprenait une escale de 2 heures a Singapoure. J'avais booke cet avion pour 2 bonnes raisons : L'attente a l'aeroprt etait courte, et l'arrivee a K.L se faisait tres tot dans la matinee, ce qui me permettait de me deplacer au grand jour, et me laissait le temps de faire le tour, organiser un peu les jours a suivre, reperer les lieux, etc... Seulement, au moment d'embarquer depuis Perth, nous apprenons que nous decollerons avec 20 minutes de retard, laps de temps finalement triple, j'ai alors vite realise que ma premiere cible (embarquement dans les temps) serait manque, il est impossible de recuperer mes bagages, passer l'immigration, retourner au comptoir pour le check-in, puis re-embarquement, et j'en passe, le tout en.... au moment de l'atterrissage, ils fermaient le guichet. Notre pilote s'etait excuse pour le retard, et nous avait remercie d'avoir fait preuve de patience, ce que JetStar ne possede apparemment pas, de la patience, j'esperais que dans ce genre de cas, la communication etait bonne, et l'organisation aussi. Je ne m'etendrai pas sur les details des conversations steriles avec le manager, puis le manager du manager, et finalement, le grand manager des managers, le plus lache de tous, qui nous a laisse en promettant de revenir avec des nouvelles... Je l'attends encore ! A cause de ca, Une fille a rate le mariage de sa soeur, une famille en vacances a paye 4000$ pour un nouveau vol direct pour Londres, car il serait trop tard pour eux de choper celui de Kuala Lumpur, etant donne que notre seul recours etait d'attendre 13 heures pour le vol suivant. Entre celui que j'ai enfin pris et celui que j'etais cense prendre, 3 avions ont decolle pour K.L, mais Jeststar a refuse de nous laisse monter a bord de ceux-la, pour des raisons obscures, nous voyageons en Lowcost... Ah, c'est comme le Titanic alors, les riches d'abord, ensuite on avise pour les petites gens ! Pour eux, leur job etait accompli, on nous a explique que leur travail etait de nous amener du point A au point B, ce qu'il ont fait. J'ai coupe le type en expliquant que le point B s'appelle K.L, et qu'alors ici nous etions au point B prime, et ainsi je ne suis pas responsable du contre-temps, je suis arrivee largement dans les temps a Perth, j'aurais souhaite qu'ils en fassent autant !! Ils ont essaye de nous calmer et nous amadouer en payant le petit-dej, j'ai pris le dejeuner en meme temps, je presageais une longue journee... Elle fut longue, mais j'ai decolle, apres la journee la plus interminable du cosmos...
Jour (presque) 2, Kuala Lumpur.
Lorsqu'on voyage, je pense qu'il faut savoir s'adapter d'emblee. Passer une frontiere n'est pas seulement franchir une ligne en esperant collecter un tampon. Je ne sais pas si j'ai des dispositions pour l'acclimatement, mais je dois dire que j'en aime la singularite. C'est troublant et electrisant, un poil stressant, une situation de non-retour ou tout commence, tout recommence, la. Ma situation depend de moi. L'Australie n'a pas ete la meilleure ecole, elle ne m'a pas enseignee ca, car l'OZ est bien rangee, bien ficelee, L'OZ n'ebouriffe pas les idees ........ Mais hier, alors que j'avancais au devant de cette ligne imaginaire, j'ai vite compris qu'a partir de la j'avais tout a apprendre, ou re-apprendre, rien n'est comme partout ailleurs ici, je suis sur une nouvelle orbite.
La Malaisie m'a ouvert ses portes tres chaleuresusement. A peine debarquee, la temperature me surpend. Il est 21:30 a K.L, je dois vite me debarrasser de mon pull qui est en train de me tuer. Si seulement j'avais mis un short, un maillot de bain ! J'etouffe. La sortie de l'aeroport grouille de centaines de visages a l'affut de je ne sais quoi encore. L'une d'entre elles se detache du paquet et m'accoste : "What are you looking for ?" L'accent est etrange, mais au moins on parle la meme langue. "The bus station". Cette intrusion m'a un peu surprise, mais je comprendrai vite qu'ici il est impossible de faire un pas sans que quelqu'un n'essaie de vendre ses services : taxis, massages, nourriture, videos et que sais-je encore. Je suis blanche de peau donc "riche", je suis une fille donc "naive", c'est ce que les habitants denotent, je suis une proie a l'argent. Les malais ont besoin de bouffer. Et puis, c'est vrai que je suis riche, depuis hier seulement, mais oui. Ce midi, j'ai mange pour 0.50 centimes d'Euros, et hier soir j'ai paye l'equivalent de 2E pour rouler 45 minutes sur autoroute, dans un bus climatise et confortable.
Alors fatiguee et encore un peu deboussolee, je suis finalement arrivee au Village Guest House, dans Chinatown, le backpacker que j'avais reserve sur les conseils d'un couple d'anglais que je connais depuis Manjimup. J'aime beaucoup cet endroit, il me rappelle les places ou je squattais 8 ou 10 ans plus tot, avec Sara, Sonia et toute la clique. Un lieu habite par des wawaches, des hippies, tous supers jeunes et contents de l'etre, content d'etre juste la a vivre comme si ils pouvaient trainer la des annees sans que les choses ne changent. J'ai replonge dans l'ocean de mes souvenirs cette nuit. Je crois que je m'etais un peu oubliee ces dernieres annees, j'ai retrouve des petits bouts de moi dans cette maison, et meme de mes amis. C'est bon de retrouver ca, meme si je ne pense pas l'avoir totalement perdu. Ca fait flipper !
La maison est sur 3 etages, je dors en bas a cote de l'accueil, la ou c'est le bordel, la ou on ne peut s'endormir avant 4 heures du mat' car les fetards veillent. Mais je m'en fou, je suis chez moi, j'ai 18 balais, des ringgits plein les poches, le ventre plein d'une nourriture delicieuse, et de beaux jours en perspective. Je m'endors enfin, sous le reconfort d'un ventilateur. On ne m'a meme pas donne de draps, je n'en ai pas eu besoin.
Quelques heures plus tard...
Reveillee tres tot par les bruits de la rue et la chaleur, je me leve apres Locky, le receptionniste. Locky est metisse, doit avoir une vingtaine d'annees, et balbutie quelques mots de francais, quant a son anglais, j'ai du mal a le comprendre. Il est marrant, ouvert, causant, je l'aime bien. Encore dans le gaz, je me dirige vers la salle de bain, mon pied heurte une guitare, chouette une gratte ! Et une deuxieme ! On ne peut pas dire que la salle de bain soit sale, mais je doute de l'hygiene. Lorsque je passe la porte, mes pieds pataugent sur le sol recouvert de flotte. Heureusement qu'en Malaisie il est coutume de se dechausser en penetrant dans les habitations ! Je trouve la manette qui actionne un pommeau de douche installe au dessus des toilettes. L'eau est froide et innonde la "salle de bain", les murs, la cuvette des W.C, le sol, la porte... Quelqu'un a quand meme pris le soin de deposer un linge au sol a la sortie. Propre de la tete aux chevilles, je peux sortir decouvrir ce qui se passe dans le quartier de Chinatown. Malheureusement en manque de claquettes, je dois garder mon jean et mes gros godillos de rando, que je supporte etrangement encore assez bien, c'est le matin. Premiere etape, traverser. On roule a gauche, j'ai eu le temps de m'y habituer pendant les 10 derniers mois, mais c'est le bordel. Je cherche le bonhomme rouge et vert, il doit avoir quitte la ville. Il faut traverser a l'arrache, comme on peut, en courant entre les voitures ; je me laisse guider par le comportement des gens, je les imite et atteint le trottoir d'en face. Ouf !
Chinatown est un Rubik's cube de rues, il est facile de s'y perdre, mais a force de trainer, on s'acclimate. Des rues colorees et bondees de magasins ou marchands ambulants. On y trouve absolument de tout : vetements et accessoires, restaurants et take away, masseurs, internet cafes... Mais ce qui domine, ce sont les magasins de fringues, toujours a des prix derisoires. C'est tentant, mais mon sac est assez charge, je n'ai besoin que de tongs. Tout le monde m'aborde, on me tend des papiers en esperant vendre et pecher le client. Je refuse poliment et souris, jusqu'a en avoir marre et ignorer les appels. Tout comme la veille, je commence a suffoquer, mais j'ai l'impression d'etre la seule. Les locaux portent des jeans - voire pour certains des pulls - d'autres protegent leurs poumons avec des masques. C'est vrai que l'atmosphere est epais et serre, plus que de sentir la pollution, je la vois ! Je dois faire un effort pour inspirer, expirer est un soulagement, alors je prends mon temps pour relacher l'air et me hate au backpack me rafraichir et me changer, apres une seconde douche.
De retour dehors, je croise 2 femmes flics, voilees sous leur casquette. Soixante et un pour cent de la population est musulmane, une bonne partie du reste est bouddhiste. Tout malais est musulman, tout malaisien ne l'est pas forcement. On appelle "malais" les habitants de nationalite malaise, nes en Malaisie. Les "malaisiens" ont la meme nationalite, mais sont nes en dehors des frontieres.
Plus loin, je decide d'organiser les jours a suivre, car mis a part du shopping et de l'asthme, K.L n'a que peu de choses a offrir d'interessant. Cette chaleur me procure un seul desir : l'eau. Il faut que je me delocalise a proximite d'une plage. Au depart, j'avais pense me diriger vers Melaka, mais etant situee plus au sud, je devrais ensuite retourner sur mes pas pour atteindre le nord et passer la frontiere thailandaise. J'ai finalement opte pour Lumut, aux portes de Pangkor, dans la region de Perak. Pangkor est une petite ile de l'ouest reputeee pour ses plages splendides. Il me faut maintenant trouver la station de bus Puduraya, jusque la ca va. Mais une fois a l'interieur, meme rangaine, des types se ruent sur moi : "Where are you going ?". Il ya bien 80/90 petits guichets qui vendent des tickets, tous de compagnie differente, c'est la jungle ! Le premier comptoir m'informe qu'il peut m'emmener a Lumut, mais c'est complet pour le lendemain. Un peu deg, je m'apprete a payer pour le jour suivant quand je me dis que je devrais peut-etre aller voir ailleurs, juste au cas ou. C'est ainsi que j'ai decouvert le systeme. Je pensais que chaque guichet proposait des destinations particulieres mais tous pour ainsi dire, vous emmenent partout, a des prix et horaires differents, il ne reste qu'a faire son choix. Apres 6 ou 7 guichets, je ressors enfin avec mon billet. Je quitte K.L demain matin 10:30, ou 3 ou 4 heures de route m'attendent.
Le bilan de cette premiere journee : Les rues de K.L sont sales, bordeliques, tout se bouscule, tout est bruyant, la surpopulation se presse dans tous les sens sous la chaleur sans s'epoumoner, les odeurs se melent parfois tellement que ca sent mauvais, ca pue meme.. Ca sent le neuf tout ca ! Il y a une facon de penser et d'etre dans ce chaos, c'est ce qui me plait.
mercredi 16 septembre 2009
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