Apres avoir ete refoulee de 2 bus alors que j'avais une reservation, je pars enfin pour Lumut. Je suis completement crevee, voila 3 nuits que je dors a mi-temps. Je m'ecroule sur mon siege et ne cherche plus a lutter pour observer un paysage qui me dessine une foret de palmiers sur la gauche, et la meme famille a droite. Le bus est boiteux, du papier journal recouvre le lino pour camoufler certainement un vice. Mais tant pis, je n'en peux plus d'attendre au milieu des pots d'echappement. A mon reveil, nous traversons une ville ou les locaux roulent a 3 par mobylette et sans casque, ou bien avec le chien debout, les pattes avant sur le guidon, ou pire encore, j'ai vu un nourrisson entre deux adultes. Des maisons sont pretes a tomber de fatigue et d'usure, loties au milieu d'autres chaumieres, un peu plus en etat. Tout est melange, beaute - laideur, neuf - ancien, riches ou pauvres. La route fut longue, entre 4 et 5 heures sans pause. Comme je m'y attendais, je suis accueillie a Lumut par un coquin qui veut savoir ou je vais. Je suis arrivee le mauvais jour, car pour la fin du ramadan un festival d'une semaine a lieu dans la ville et sur Pangkor. Je dois vite prendre une decision concernant le pied-a-terre car d'ici demain tout sera certainement complet et "hors de prix", et il est 17H passees. Apres un rapide tour des environs, je crains que les backpackers n'existent pas par ici, j'accepte alors de partir directement sur Pangkor, pour un prix de chambre que je n'avais pas envisage puisqu'il s'agit d'un chalet prive avec clim', tele et SDB, a 3 minutes de la plage. Mais tout de meme, 10 Euros la nuit, je peux me faire plaisir l'espace d'un weekend. Je bondis dans le ferry, manque de descendre au mauvais stop, on y est, deja l'environnement est anime et plutot chouette. Un taxi rose et casse-cou me livre a l'ouest de l'ile, a Teluk Nipah, ou je suis confiee au patron du resort "See Gull". La chambre n'est pas immense mais propre et confortable. L'eau du lavabo s'enfuit par en dessous, la chasse d'eau est cassee et l'eau de douche reste froide. Je suppose que ca doit etre partout pareil avec la temperature de l'eau dans le pays. Mais je m'y sens bien. Je dois attendre 20H pour manger a cause du ramadan. Au moment de sortir il fait nuit, et je dois parcourir 200 metres dans le noir avant de trouver la lumiere des lanternes et surtout me sentir en securite. J'hesite vraiment a cause de tous ces bruits que je n'ai pas l'habitude d'entendre, des animaux de la jungle toute proche, des insectes aussi surement, a moins que ce ne soit des oiseuax, des groooos zoiseaux... Mais la faim me tiraille alors je franchis le pas, peu sure. Ce soir les rues sont solitaires, je rentre avec mon repas sous le bras et ma drole de boisson pour un plateau tele, j'ai besoin de sommeil...
Requinquee par une nuit calme et au frais, je me precipite sur la plage. L'eau est incroyablement chaude, je rentre dedans en une seconde. De ma vie jamais je n'avais nage dans une eau de mer aussi agreable. Baignade, photos, douche, ballade, la journee passe... J'aimerais quand meme rester un peu plus sur cette ile, alors je me renseigne a tout hasard sur le prix des chalets des autres resorts. Un type me propose les memes services pour moitie prix, et je suis encore plus proche de la plage. Il est plutot accueillant, amical et me fait confiance. Il ne sera pas la quand j'arriverai pour m'installer, mais il m'a laisse les cles, je n'ai meme pas paye. C'est une des particularites de la Malaisie, on paie toujours apres. Il va me faire decouvrir les environs et me laisse son velo, ca c'est le pied ! Je reste !
Tout a l'heure un singe degustait un fruit sur le toit de ma chambre. Je m'en suis eloigne car parfois ils peuvent etre agressifs et transmettre la rage en cas de griffure. J'avais laisse des restes de mon repas de la veille dans ma poubelle exterieure, qui ont diparu, mais pas les autres dechets. Je devine qu'il a du se servir...
Et moi aussi j'ai faim, je vais sortir avant la nuit, j'ai peur des bruits et des grosses betes....
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